Pire que bagne

C’est un champ de fange, à perte de vue

Ce sont des étangs de fronts abêtis à coup d’abysses béants

Bêtes à faire des couronnes aux bourreaux avides de sang

Du sang des épaves trainant galères, misères et ruines

 

Pire que bagne

 

J’ai vu du vent acéré en sortir

Pour corrompre les friselis crépusculaires

Pour irriguer les comptines des fiels de classes volantes

Pour terrer les rêves d’enfance

 

Pire que bagne

 

C’est du fer plus du béton de la claie

Plus du chiffon de craie jeté

Sur les tables sans labo coulés dans le marbre

Dans le bunker des livres acides briques

Se dressent l’ignorance des classes sans cours

L’éloquence des maîtres sans mesure

L’indigence des mômes sans modèle

Et les mimes bêtes sont auréolés des crasses cauris

 

Pire que bagne

 

Et les rires curieux causent naïfs sous le vieil arbre branlant

Au nez des soleils vifs et tristes

Résignés à creuser, à prix d’or, des pistes privées

Criant de leurs biles

« Bordel de sanctuaire » !

 

Pire que bagne.

 

Sandry Richard Dohounkui GBETEY

Abomey-Calavi, ce 19 février 2018.

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