HISTOIRE DE FRANCE, HISTOIRE DU MONDE; HISTOIRE D’AFRIQUE, HISTOIRE DE PERSONNE

“Mai 68 et son rayonnement dans le monde particulièrement en Afrique”. Ainsi s’introduit l’une des nombreuses émissions consacrées, par les médias français, au mouvement de révolte de mai 1968 en France. Des émissions qui tournent en boucle depuis l’aube de ce jour 3 mai 2018. Histoire? Raconte… C’est le 50e anniversaire de ce mouvement. Et la France nous raconte son histoire, nous la ressasse. Par des émissions radiotélévisées, des livres, des interviews, etc. Sur RFI, une émission permet même aux auditeurs de téléphoner, de tous les coins du monde, pour poser des questions sur cette histoire franco-française qu’on tente de faire passer pour une histoire du monde. Et ça n’a pas raté : pas mal d’Africains ne se sont pas fait prier pour exprimer leur soif de culture. Aussi interroge-t-on des historiens et hommes politiques de divers pays africains pour leur demander comment leurs pays ont vécu le printemps (français)1968. Parce que tout ce qui se passe en Occident concerne forcément l’Afrique. Comme les “guerres mondiales” imposées à l’Afrique en y embarquant nos aïeux.

Que retenir? C’est une leçon que doivent saisir les Africains qui apprennent et maîtrisent mieux l’histoire de la France, de l’Angleterre, des États-Unis, etc. que celle de leur continent. Demandez aux jeunes Béninois ce qu’ils savent du combat d’Atchoukpa, de la résistance du roi Béhanzin à la conquête coloniale, de Louis Hounkanrin, de la révolution du marxisme léninisme, de la conférence nationale, etc. et vous les verrez se gratter indéfiniment la tête. A qui la faute? Aux acteurs du système éducatif qui ne pensent pas qu’il est temps de réviser nos programmes scolaires pour les réorienter vers nos propres centres d’intérêt. Aux journalistes chez qui l’amour pour les documentaires, les enquêtes et autres genres de grande utilité culturelle et scientifique n’est pas la chose la mieux partagée. Aux historiens qui comptent sur des bourses d’État pour aller se balader dans des centres de documentation chez le Yovo parfois à la recherche de leur propre histoire si ce n’est pour s’occuper des “histoires mondiales” made in France, Allemagne, etc. Pour juste satisfaire leur besoin de grade pour faire l’intellectuel.

Écrivons notre propre histoire.

 

Auteur: Colbert Tatchégnon DOSSA

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