DANS L’ŒIL DU CYCLONE : UN WEEK-END INFERNAL POUR KARIMOU SALIMANE, LE MENP

La deuxième évaluation des enseignants de la maternelle et du primaire ordonnée contre vents et marées par le Ministre Karimou Salimane sous l’égide du gouvernement de la rupture a été un échec retentissant. C’est un fiasco total qui donne de l’insomnie depuis hier, samedi 28 juillet, au MENP Salimane Karimou qui aurait plié ses bagages  si nous étions dans pays sérieux où il y a la culture de la démission pour préserver son honneur et sa dignité
Le boycott organisé, cette fois-ci à l’unisson par les syndicats-enseignants qu’on croirait déjà en décomposition totale dans leurs tombes au lendemain des diverses suspensions de grève aussi controversées les unes que les autres, a été presque unanimement suivi sur tout le territoire national.  Dans les contrées aussi bien proches que lointaines de notre pays, les instituteurs sont sortis nombreux pour transformer ce rendez-vous d’une énième humiliation en meeting pacifique de protestation. Ils disent tous non à cette dilapidation des maigres ressources, dénoncent les errances de leur ministre de tutelle qui avait fait dix ans sous le yayisme au secrétariat général  de ce même ministère dont il est supposé maîtriser les priorités.
Pour l‘occasion, ces instituteurs scandaient des slogans hostiles au gouvernement et au ministre Karimou Salimane hué au lycée Béhanzin de Porto-Novo. Aussi désapprouvent-ils le contexte qui n’est pas encore propice à une deuxième évaluation alors que la proclamation des résultats de la première évaluation n’est toujours pas effective. Tout en se disant aptes à recomposer, si les intentions réelles du gouvernement sont connues, ils remettent en cause l’attitude de leur ministre de tutelle.
Au nombre des autres reproches qui suscitent cette opposition farouche des instituteurs, nous avons le manque de leadership et de management du ministre Karimou Salimane. Ce dernier est le prototype de l’inspecteur de l’enseignement du premier degré. Orgueilleux, égoïste, méchant, arrogant, vantard, humiliateur, semeur de terreur, parvenu, imbu de son rang d’inspecteur de l’enseignement du premier degré, il se prend pour connaisseur, nombril de la terre, détenteur du droit absolu de vie et de mort sur ses collègues.
Ainsi, il les traite comme des enfants soumis totalement à ses désidératas. Ces comportements décriés indignes d’un véritable pédagogique rejaillissent sur les décisions  des conseils des ministres relatives aux enseignements maternel et primaire. Lesquelles décisions sont des fois perçues comme autoritaires et en déphasage avec les réalités du sous-secteur nonobstant la nécessité indéniable de réformer le sous-secteur, le niveau regrettable de certains instituteurs qui tutoient l’abyme et qui méritent véritablement des remédiations approfondies et appropriées.
Par ailleurs, ces divers agissements énumérés ci-dessus ont fini par installer le manque de confiance, la méfiance, l’adversité et la défiance entre le corps des instituteurs et le ministre Karimou Salimane. Du coup, ce dernier fonce dans l’exécution de ses décisions comme le bélier sans l’aval des syndicats du MENP. Cette atmosphère délétère voire austère rend difficile l’appropriation par les instituteurs des reformes même les plus utiles et indispensables à l’émergence de l’école de base.
Pour finir, il est évident que les instituteurs redoutent des chantages à la fin des évaluations. L’exemple du Niger dont le niveau nul de certains instituteurs a fait le tour du globe est vivace dans les esprits des instituteurs. Le gouvernement de la rupture spécialiste de la gouvernance par le chantage doit d’abord ramener la balle, cesser avec les menaces à peine voilées et rassurer les instituteurs si possible associer les syndicats au projet jusqu’au bout pour éviter les suspicions liées aux non-dits qui sous-tendent l’évaluation.
Ensuite, une fois le climat de confiance rétabli et les enjeux de l’évaluation explicitées, les instituteurs doivent accepter se faire évaluer une fois pour confirmer ou infirmer les tendances de la première évaluation en vue de permettre aux autorités de prendre des dispositions adéquates pour la remédiation. L’avenir de nos enfants, la crédibilité de l’école béninoise et le développement de notre pays en dépendent surtout avec le niveau des instituteurs aujourd’hui qui abêtissent nos enfants, des âmes innocentes, au lieu de leur servir de guides et d’éclaireurs.
Enfin, le ministre Karimou Salimane ne doit pas perdre de vue que les instituteurs d’aujourd’hui ont en majorité la licence et la maîtrise. Ils ne sont plus les béni-oui-oui d’autrefois que lui Karimou Salimane, le vénérable inspecteur avait l’insigne l’honneur de martyriser sans vergogne. Donc, une autorité dont le seul fait d’arme remarquable pendant les grèves passées pour apaiser la tension après ses propos incendiaires à répétition aura été le débauchage mal ficelé des leaders de l’IMP, a l’obligation de tempérer le discours, d’être courtois et respectueux envers ses collègues instituteurs.
Auteur : ATINDOKPO VINCENT

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