Bénin : élection locale 2020. Une apocalypse en préparation

Le 28 avril 2019, le Bénin a organisé une élection législative exclusive : le régime du président Talon ayant usé d’intrigues politique pour exclure toute l’opposition. Ni les protestations des populations, ni les médiations nationales, régionales et internationales n’ont rien apporté. Pis, le président Talon a donné l’ordre á l’armée qui a ouvert le feu sur des populations manifestant aux mains nues. Le nombre de mort est lourd et inconnu : le gouvernement a fait main basse sur les corps et aucune chiffre officiel n’est donné.  Ce bilan humain très lourd n’est qu’un avant-gout de l’apocalypse que prépare le gouvernement. Pourquoi sommes-nous des oiseaux de mauvais augure ? Voyons ensemble notre petite analyse.

  • La décentralisation au Bénin

Le Bénin a opté pour une gouvernance à la base à travers la décentralisation. Cette option a des conséquences sociales lourdes liées à l’ampleur et à la proximité des élections locales et municipales. En selon le site de l’ambassade de France au Bénin, en 2008 l’élection locale et municipale a abouti « à l’élection de 1 435 conseillers communaux et municipaux et 26 000 conseillers de villages et de quartiers des villes ».  Si l’élection de 83 députés a eu le coût humain que nous avons connu, que sera mathématiquement l’élection de 1 435 conseillers communaux et de plus 26 000 conseillés de villages et de quartiers des villes ? L’apocalypse ! Nous prenons ce mot dans le sens aussi bien dénoté que connoté. L’exclusion des partis d’opposition bien qu’ayant créé des troubles n’a pas concerné tout le pays. Les populations ne se sont pas senties concernées partout, pour la simple raison que les députés ne sont pas des politiciens de proximité. Or les élections municipales et locales se font dans chaque coin et recoin du Bénin. Une exclusion de parti d’opposition aura une autre ampleur et une violence apocalyptique. Pour deux raisons : d’abord parce que chaque village et chaque quartier de ville sera touché par l’exclusion. Ensuite, les populations à la base, faisant encore l’apprentissage de la démocratie, n’ont pas toujours assez de recul pour se parler et éviter un bain de sang. Toute exclusion sera une flamme jetée dans une mine de charbon. L’explosion sera apocalyptique. Les dernières élections locales nus en ont fourni la preuve : malgré la participation de tous à cette élection, il y a eu des violences dans certaines localités du Bénin.

  • La liste électorale informatisée (LEPI) et la Commission électorale nationale autonome (CENA).

La deuxième cause de l’apocalypse, ce sont la LEPI et la CENA. La LEPI ne sera pas consensuelle : le parlement actuel chargé de l’actualiser n’a aucune légitimité. C’est d’ailleurs ce que dénoncent les partis d’opposition. Les lois béninoises exigent la présence de l’opposition dans le Cos-Lepi (organe chargé de la mise en œuvre de la LEPI), le parlement, composé des deux partis privés de Patrice Talon, a trouvé en son propre sein une opposition pouvant siéger dans cet organe. Ceci à fait réagir l’opposition qui crie à l’usurpation d’identité. La CENA est aussi décriée. Elle est soupçonnée de travailler pour le régime du dictateur Talon. Cette suspicion est née des dernières élections, car cet organe a recallé des partis d’oppositions et traité favorablement les deux partis privés de monsieur Talon. Toutes décisions prisent par ces deux organes préparent le chemin à la violence.

 

Le régime du président Talon doit tirer les leçons des dernières élections pour éviter le chaos en préparation. Malheureusement, les enjeux personnels pour le président Talon sont tels, qu’il va faire du forcing. Un forcing qui, s’il n’est pas évité, emportera le régime du président Talon.

 

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